jardinier › À savoir › Arroser un jardin casablancais en été : le calendrier et la facture
Entre juin et septembre, il ne tombe pratiquement rien sur Casablanca. Tout se décide avant : le choix des plantes, le paillage, et un arrosage long et espacé plutôt que quotidien.
À Casablanca, il ne tombe pratiquement rien entre juin et septembre. L'essentiel de la pluie arrive entre novembre et mars, et un jardin planté au printemps sans arrosage organisé ne passe pas son premier mois d'août. Le problème n'est pas la chaleur — les maxima restent modérés sur la côte — mais la durée : trois à quatre mois sans eau du ciel, avec des épisodes de chergui, le vent d'est, qui dessèchent un massif en deux jours.
Un arrosage court tous les jours entretient des racines de surface, qui cuisent au premier coup de chaud. Un arrosage copieux tous les huit à quinze jours, qui mouille le sol en profondeur, pousse les racines vers le bas et rend la plante autonome. Pour une plante installée depuis un an, c'est le régime à viser. La première année, en revanche, il faut accompagner : une plante achetée en conteneur n'a pas encore de racines au-delà de sa motte.
Arrosez tôt le matin plutôt qu'en fin de journée : le feuillage sèche dans la journée au lieu de rester humide la nuit, ce qui limite l'oïdium et les maladies de feuilles. Évitez d'arroser en pleine chaleur, l'eau part en évaporation avant d'atteindre les racines. Le jet sur le feuillage est le plus mauvais usage de l'eau dans un jardin casablancais.
Le goutte-à-goutte livre l'eau là où elle sert, sous le paillage, sans mouiller les allées ni les murs. L'aspersion ne se justifie que sur une pelouse, et c'est précisément le poste le plus gourmand du jardin. Les installateurs casablancais travaillent les deux techniques, souvent pilotées par un programmateur : on en trouve de 280 DH pour un simple minuteur à bouton jusqu'à 3 000 DH pour un boîtier WiFi multivoies.
Cinq centimètres de paillage — écorce, broyat de taille, graviers, paille — sur un sol déjà humide réduisent l'évaporation, limitent le désherbage et gardent le sol plus frais. Un massif paillé supporte un arrosage espacé que le même massif à sol nu ne supporterait pas.
Au Maroc, l'eau potable est facturée par tranches progressives, avec un seuil mensuel autour de 12 m³ : en dessous, la consommation est répartie tranche par tranche ; au-delà, le volume est facturé au tarif de la tranche atteinte. Un jardin arrosé au jet fait franchir ce seuil très vite, et ce n'est pas le jardin seul qui change de tarif, c'est tout le compteur. Lisez la grille sur votre facture avant d'augmenter les arrosages.
Un programmateur mal réglé en août fait plus de dégâts qu'une absence d'arrosage : trop d'eau sur des plantes grasses les fait pourrir, trop peu sur des pots les grille en une semaine. Les pots sèchent trois à quatre fois plus vite que la pleine terre : regroupez-les à l'ombre, sur une soucoupe, avant de fermer la maison.
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